Ben vous parle! #3 : The King of Kong.

Publié le par Ben

Aujourd'hui on va un peu causer cinéma avec un film parlant de jeux vidéo : The King of Kong a fisfutl of quarters. C'est un film très connu parmis les amateurs de jeux vidéo mais pour ceux qui ne le connaitraient pas voici un petit topo sur cette oeuvre (garanti sans spoils).

The King of Kong a fisfutl of quarters est un film réalisé par Seth Gordon et sorti en 2007 aux Etats Unis. Il se présente comme un documentaire sur le monde de l'arcade des années 80 aux Etats Unis et sur ce qu'on appelle "le competitive gaming", la course au score sur les classiques de l'arcade de l'époque comme Pac Man, Galaga et surtout pour ce film Donkey Kong. Le film va très vite se focaliser sur deux joueurs et à partir de ce moment tout va se mettre en place et le film va révéler toute sa saveur. Laisser moi vous présenter les deux principaux protagonistes.

Nous avons tout d'abord Billy Mitchell le magnat de la sauce épicée en bouteille. Très gros joueurs d'arcade et détenteur de plusieurs records du monde il présente très vite aux spectateurs un aspect arrogant décuplé à un égo surdimentionné et devient instantanément antipathique pour toutes personnes sensées. Il posséde notemment le record du monde sur Donkey Kong et c'est autour de ce jeu que va se dérouler l'intrigue du film.

C'est alors qu'arrive Steve Wiebe qui est présenté aux spectateurs comme un brave père de famille, un poil looser, doué dans ce qu'il fait mais qui n'a jamais vraiment eut son quart d'heure de gloire malgré son côté talentueux dans de nombreux domaines (couplé avec un peu de malchance). Après s'être fait renvoyé de son travail il va décider de tenter de battre le record du monde sur Donkey Kong et va y parvenir! Bien évidemment Billy Mitchell va tout faire pour défendre son titre et utilisera même quelques coups plutôt fourbes pour toucher le sympathique Steve Wiebe. Le film peut maintenant démarrer et la compétition entre ces deux personnages se révélera bien plus complexe qu'un simple shonen bas de gamme avec l'intervention de nombreux personnages haut en couleurs comme Walter Day l'arbitre ou encore Roy Shildt l'ennemi juré de Billy Mitchell. Si vous voulez connaitre la suite allez tout de suite matter ce film! (visionnable ici en vostfr)

Mais revenons à ce qui me chiffonne. The King of Kong se présente comme un documentaire mais les événements se produisent selon un timing tellements parfaits que j'ai la très désagréable impression que les images ont étés assemblées dans un certain ordre dans le but de créer une scénarisation et ainsi réécrire l'histoire au détriment de ce que l'on appelera la "vérité historique". Je me demande donc si avec la magie du montage le réalisateur ne s'est pas arrangé pour refaire la petite histoire à sa sauce afin de créer un scénario capable de tenir le spectateur en haleine. Après une petite recherche sur internet j'ai trouvé une page qui semble confimer mes doutes sur quelques points, ainsi les évenements du film ne se seraient pas déroulés de la même façon en réalité.

Mais ce n'est pas tout, il y a aussi le traitement des personnages. Si il y a scénarisation des événements il faut aussi des personnages à la hauteur pour servir l'histoire. Attention, je ne doute pas des caractères des protagonistes, Billy Mitchell semblent être un affreux connard et Steve Wiebe un mec sympa mais dans le traitement de ceux-ci il y a de telles différences que l'on voit que le réalisateur donne un certain point de vue. Wiebe est présenté comme le challenger et il est donc normal de le voir jouer et s'entrainer (sur "Eye of the Tiger" tant qu'à faire) mais de souvenir on voit seulement Mitchell une fois ou deux un stick arcade à la main. Il est peint comme un manipulateur souvent au téléphone, caché dans sa voiture et laisse ses agents faire la sale besogne. On nous le présente comme un méchant digne d'un film d'espionnage à la tête non pas d'une organisation maléfique mais d'une entreprise de sauce en bouteille. Il est tout le temps dans l'ombre de l'action et bouge ses pions habilement pour mettre en echec le "héros" qu'est Steve Wiebe, mais le problème c'est que Mitchell est aussi et avant tout un joueur c'est à travers cette fonction qu'il rentre dans ce film mais ici c'est un joueur que l'on ne voit jamais jouer et cela au détriment d'une certaine scénarisation qui préfère nous le montrer sous son côté plus perfide. Cela est en plus facilité par l'extrême originalité des personnages, c'est bien simple les personnes participantes à ce film ont des caractères tellements invraisemblables que c'est finalement un engrais incroyables pour offrir aux spectateurs un casting trois étoiles (la mamie championne de Q-bert par exemple). Un autre exemple avec le thème de la famille : elle a un rôle centrale chez Wiebe mais chez Mitchell on la voie beaucoup moins, ils sont pourtant père de famille mais alors que les enfants de Wiebe sont omniprésent durant le film on ne voit quasiment jamais ceux de Mitchell humanisant ainsi encore plus le premier.

Vous l'aurez compris le principal reproche que je fais à ce film est peut-être une "dramatisation" outrancière afin de créer une histoire artificielle pour faire une oeuvre plus sympathique. Avec ces arguments on pourrait penser que je n'apprécie guère cette oeuvre mais c'est pourtant tout le contraire. Le film présente des images extraordinaires de cette époque de l'arcade des 80's aux States, on peut voir le balbutiement des superplays avec des mecs passionés qui font leur record avec pour méthode d'enregistrement des camescopes VHS avec le pied clouée au mur, ces mêmes VHS qui s'accumulent par carton entier chez l'un des arbitres qui jugent de la validité ou non d'une prestation, des joueurs qui font des kilomètres pour tenter d'établir un record à des compétitions où il n'y a rien à gagner. Malgré une intrigue peut-être trafiquée il montre aussi le côté humain des joueurs et de leurs performances, des types qui aiment profondemment le jeux vidéo au point d'essayer de livrer des scores exceptionels pour avoir leur petit moment de gloire dans la tête d'un classement. Finalement le film montre cette époque avec une certaine tendresse sans tomber dans la nostalgie bas de gamme du "c'était mieux avant" (d'ailleurs le générique de fin se clot sur des images de jeux en 3D, signe d'ouverture).

Malgré ces petits doutes qui m'habitent en permanence lors du visionnage de ce film je peux dire que je l'aime énormément et finalement même si l'intrigue est peut-être artificielle, les images, les personnages, certaines situations, certaines citations font de ce film sûrement l'un des meilleurs films traitant des jeux vidéo parce qu'il le traite avec respectueusement.

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